Révision des lois de bioéthique

Publié le par Service Familles

Les lois de bioéthiques sont, depuis 1994, la feuille de route de tous les acteurs de la santé, depuis la recherche, jusqu'à la thérapeutique. Elles concernent chacun d'entre nous car, d'une part nous avons tous affaire un jour ou l'autre à la médecine, et d'autre part, l'avenir de l'homme se joue aussi à ce niveau.
Tous, nous pouvons, nous devons nous renseigner et donner un avis. Le débat ne doit pas rester entre les mains de spécialistes qui pour experts des questions médicales voire philosophiques n'ont pas le monopole du bon sens. Même si ce bon sens doit être éclairé, s'écartant ainsi de la simple opinion, il a sa part pleine dans la discussion.
Il faut se souvenir que l'Eglise a connu de tels débats lors des périodes où furent établis des termes de la foi. en témoigne ce passage du livre de Paul Evdokimov " L'Orthodoxie", Mame 1990:

Byzance a parfois été appelée « l'icône » terrestre de la Jérusalem céleste», de cette cité du monde à venir à laquelle aspirent les chrétiens après leur mort. Icône tragiquement imparfaite, certes, mais qui voulait prendre modèle sur ce Royaume à venir, dont la venue était attendue avec impatience par les premiers chrétiens.

Les divers aspects de la vie sociale étaient imprégnés d'un fort sentiment religieux. Ainsi le Byzantin prenait ses vacances au rythme des fêtes religieuses dont le grand nombre, tout au long de l'année, couvrait largement la durée des congés payés chez nous. Les spectacles du cirque débu­taient par des chants religieux. Dans les contrats commerciaux, marqués d'une croix, on invoquait la Sainte Trinité. Les Français du XX· siècle, si pudi­ques ou si indifférents envers toute manifestation du religieux, seraient ébahis de savoir le vif intérêt pris par la société tout entière, savants comme illettrés, pour toutes les questions touchant à la vie de la foi. Dans les salons, les boutiques, ou au croi­sement des rues, on soulevait les problèmes dont dépend le salut de l'homme, et pas seulement ceux concernant le sexe des anges, comme on dit un peu méchamment. Saint Grégoire de Nysse décrit avec amusement cette fièvre qui s'emparait des esprits:

«Tous discutent activement. Si vous demandez votre monnaie à quelqu'un, il développera pour vous sa philosophie sur l'Engendré ou le non-Engendré,. si vous voulez savoir le prix d'un pain on vous répondra que le Père est plus grand que le Fils. Si vous demandez < mon bain est-il prêt? > votre serviteur vous répon­dra que le Fils a été créé de rien. »


Les lois de bioéthique sont un des terrains essentiels de la discussion d'aujourd'hui, d'une importance aussi cruciale que les débats d'antan.
Voir l'article ci-dessous pour plus de renseignements pratiques.
Victor LARGER




La loi de bioéthique ne sera pas révisée avant 2010 (29/05/2008 La Croix)

Pour la première fois, tous les Français seront associés à la réflexion à travers des états généraux prévus pour durer trois mois

Lorsque la loi de bioéthique a été révisée pour une première fois, en 2004, le législateur avait prévu que ses dispositions seraient revues cinq ans plus tard. Un an avant l’échéance, où en est-on ? Les travaux préparatoires ont démarré. Des états généraux de la bioéthique vont se tenir début 2009. Le tout, en vue d’une révision de la loi qui, c’est aujourd’hui certain, aura lieu non pas en 2009 mais en 2010. Un délai qui, au demeurant, ne sera pas de trop, compte tenu de la complexité des enjeux et de leurs fortes implications éthiques.

La précédente révision législative avait pris cinq ans de retard. Ces temps-ci, ne voyant rien venir, les connaisseurs du dossier craignaient que le scénario ne se répète à l’identique. « On nous a dit que le calendrier serait tenu, mais on ne sent pas une grande mobilisation du ministère de la santé », expliquait récemment le député Alain Claeys (PS, Vienne), chargé d’évaluer la loi pour le Parlement, dans le cadre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT).

« Je suis incapable de vous dire dans quel délai se fera la révision », a admis, jeudi 29 mai, Jean-Sébastien Vialatte (UMP, Var), également chargé de mission pour l’office parlementaire. « On sera prêt pour 2010 », nous a-t-on affirmé jeudi dans l’entourage de Roselyne Bachelot. L’échéance initiale de 2009 ne sera donc pas tenue. Toutefois, le gouvernement exclut tout dérapage incontrôlé.

Sept questions

Le ministère de la santé a ainsi – c’est une première – envoyé trois saisines à trois organismes différents. Classiquement, le Conseil d’État a été chargé d’une réflexion globale sur la loi. Il devra notamment, indique la lettre de mission, « identifier ses éventuelles lacunes et envisager ses évolutions possibles ». Sept questions sont plus particulièrement soumises à un examen approfondi.

C’est l’ancien ministre Philippe Bas (2005-2007) qui présidera le groupe de travail. « Mon objectif est de terminer vers la fin de cette année, explique-t-il, pour que notre rapport puisse servir de support aux états généraux. Le groupe est composé de personnalités ayant une expertise reconnue dans leur domaine, sans être enfermées dans des postulats. Car l’idée est d’aborder les questions avec un esprit très ouvert. Nous pourrons d’ailleurs, de nous-mêmes, soulever certains points qui ne font pas partie de la saisine. »

Parallèlement, le gouvernement a saisi l’Agence de la biomédecine, afin que celle-ci établisse un bilan de l’application des textes. Il lui est aussi demandé une étude juridique comparée des pratiques entre la France et les autres pays. Enfin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) devra produire un court mémoire identifiant « les questions, les problèmes philosophiques et les interrogations éthiques qui pourraient impliquer une évolution de la législation ». Ces deux contributions doivent être remises au gouvernement « avant la fin septembre 2008 », précise le ministère de la santé. Le Conseil d’État, lui, a jusqu’à la fin de l’année.

"Que tous les citoyens s’approprient le débat"

Ces trois rapports serviront à « nourrir » les états généraux de la bioéthique prévus pour durer trois mois, début 2009. « Les enjeux sont tellement importants que nous avons souhaité que tous les citoyens s’approprient le débat », explique encore le ministère. Le débat prendra des formes multiples (colloques, rencontres, forums sur Internet…) Dans cette perspective, un comité de pilotage des états généraux présidé par une haute personnalité sera mis en place dès le mois d’octobre.

Après ? Le gouvernement devra faire ses choix. Et notamment, dire s’il veut rendre définitivement possible la recherche sur l’embryon, qui a été autorisée pour une durée de cinq ans dans le cadre d’un moratoire. Le décret d’autorisation arrive à échéance le 6 février 2011.

« C’est une date butoir, observe Pierre-Louis Fagniez, conseiller auprès de la ministre de la recherche Valérie Pécresse et auteur en 2006 d’un rapport sur la bioéthique. Si rien n’était décidé à ce moment-là, les chercheurs seraient dans une grande insécurité juridique. Légalement, cela doit être tranché. »
Marianne GOMEZ
Publicité

Publié dans articles sur le fond

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article