Visite pastorale de Mgr Minnerath au Service Familles
Compte-rendu par Philippe DESPINE de la visite pastorale de Monseigneur MINNERATH dans la paroisse du Sacré-Cœur de Dijon (samedi 12 mai 2007).
Après avoir salué Monseigneur Roland MINNERATH, Archevêque de Dijon, le Père FrançoisTOUVET, vicaire général, et le père Emmanuel PIC, vicaire épiscopal, Victor LARGER, délégué épiscopal à la pastorale de la famille, a accueilli et remercié l’ensemble des familles présentes ayant répondu à l’appel de notre Archevêque.
Il a ensuite brossé un bref rappel de la vocation du Service Familles dans le projet pastoral. Son but est de coordonner,informer et permettre une concertation entre les différents services, mouvements et paroisses qui portent le souci des questions relatives à la famille.
Puis il a indiqué l’ordre d’intervention des trois spécialistes, invités à cette occasion à nous parler de trois problématiques liées à la famille. Nous avons ainsi eu le plaisir d’entendre Laurent GARNAULT, doctorant en sociologie, nous faire part de données statistiques sur la question démographique. A la suite de cela, nous avons eu l’avantage de découvrir ou redécouvrir l’action et les missions de l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de Côte d’Or par son directeur monsieur Olivier Boncompagne. Le Père Jean-claude ROCHET a clos ce colloque riche en réflexion par une présentation du bureau des mariages dont il est le responsable sur le Diocèse.
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Laurent Garnault a apporté à notre connaissance des données chiffrées en matière démographique concernant l’année 2003 pour le département de la Côte d’Or. Nous retiendrons principalement que la population au 1er janvier 2003 comportait 210900 habitants et au 1er janvier 2004 512272 soit une population moyenne de 511586 habitants. On compte 2332 mariages et 1078 divorces. On apprend également que le département a connu 6079 naissances. Il naît 105 garçons pour 100 filles ce qui est comparable aux moyennes de la France. Le taux conjoncturel de fécondité est de 1, 68 enfant par femme. Les hommes ont une espérance de vie de 75,9 ans et de 83,4 ans pour les femmes.
La présentation de l’UDAF par son actuel directeur monsieur Olivier Boncompagne a permis de mieux préciser son rôle et ses missions. Présente dans chaque département depuis 1945, elle est l’interlocuteur des pouvoirs publics. Elle est composée de cinq commissions : psychologie et droit de la famille, éducation formation, la vie quotidienne, habitat et cadre de vie, etc. Elle représente également 60 associations. Elle dispose d’une cinquantaine de salariés. Elle gère 1300 personnes.
Les commissions travaillent sur des sujets aussi variés tels que : la médiation familiale, le repérage de l’enfance en danger par la médecine scolaire, la violence dans les quartiers, la maltraitance des personnes âgées, le statut des aides maternelles, l’accès des jeunes à l’emploi, l’accès aux maisons de retraite, l’obésité, l’adaptation du logement au handicap et au vieillissement, l’hébergement d’urgence en Côte d’Or, le droit au logement opposable, l’investissement locatif, etc.
L’UDAF compte également un observatoire de la famille. Un salarié est chargé de mener une enquête annuelle. Que remarque-t-on ces dernières années en terme de tendances ? Une augmentation des personnes âgées placées sous mesure de protection (Alzheimer, violences familiales) ; une augmentation des jeunes placés sous mesure de protection judiciaire pour causes de dépendances (drogues, alcool, jeux de grattage) ; une augmentation des jeunes ruraux aux ressources insuffisantes (temps partiels, rupture familiales, sans moyens de transport) ; une augmentation des personnes âgées avec des retraites faibles et parallèlement faiblesse des ressources économiques des enfants ; une augmentation des personnes âgées en invalidité mais non aidées en raison de l’augmentation des plafonds ; une augmentation des travailleurs pauvres - avec un travail - et vivant en dessous du seuil de pauvreté, etc.
Le père Jean-Claude ROCHET a pour sa part terminé ce cycle de conférences en rappelant l’existence du bureau des mariages, service assuré par le diocèse. Ce bureau traite des cas difficiles. Par ailleurs, le père ROCHET signale une augmentation des mariages entre baptisé et non baptisé. Le diocèse compte 681 mariages entre catholiques et 120 entre un catholique et un non catholique (réformé ou orthodoxe). Ces derniers sont en augmentation. De même, il est signalé une augmentation de mariages non volontaires en raison de l’ouverture des frontières. Tout cela indique un questionnement qu’il faut mener sur l’identité chrétienne car celle-ci est devenue problématique.
La parole a ensuite été donnée aux personnes et aux familles qui se sont rassemblées pour suivre cette visite pastorale et ont ainsi pu interroger les conférenciers.
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Après cet échange, Monseigneur MINNERATH a alors pris la parole.
Monseigneur MINNERATH a commencé par rappeler le rôle de l’Eglise dans la mise en place du mariage. L’Eglise a fait du mariage une institution au XIIè siècle. Ceci a eu pour conséquence une plus grande place accordée à la liberté des époux ce qui n’était pas le cas auparavant. En effet, le mariage a longtemps été pensé comme un contrat entre deux familles. C’est l’Eglise qui pose l’idée de liberté dans le mariage jusqu’à la Révolution française qui instaure le mariage dit civil. La question du mariage homosexuel a été abordée. Défini comme une dérive anthropologique, il n’y a pas lieu de vivre l’opposition au mariage homosexuel comme une persécution. Comme l’a souligné Monseigneur MINNERATH « le problème vient du fait que les médias véhiculent un message évangélique pathétique et traitent de questions sociales par le biais de débats médiatiques faussés d’avance ». Il importe donc de répondre « aux discours contemporains stéréotypés » par une action réfléchie.
Aussi, Monseigneur MINNERATH a tenu à repréciser le sens du projet pastoral d’un Service familles. C’est une mission pour la communauté chrétienne du diocèse. L’Eglise a un pouvoir de témoignage et doit pouvoir apporter en raison de l’existence même des liens sociaux qui animent et ont toujours animé la vie des paroisses une réponse nouvelle aux difficultés morales et éducatives rencontrées par les familles de notre temps.
D’où la nécessité pour Monseigneur MINNERATH de rendre visible le Service famille au cœur de la ville. L’accord est par conséquent donné de trouver un espace urbain où l’on pourra être renseigné sur les possibilités d’écoute, d’aides, et de conseils (éveil à la foi des enfants, accompagnement des couples et des familles, etc.)
D’une part la création de ce lieu d’accueil et d’information permettra aux familles en difficultés de mieux connaître les actions de l’Eglise menées par les clercs et les laïcs du Diocèse et d’autre part ce lieu d’accueil permettra aux familles relais qui le souhaitent d’accompagner les familles, les parents et les jeunes en souffrance.
Et si certains s’interrogent sur la réalisation d’un tel projet par son ambition, et pouvant faire doublon avec les nombreuses actions menées depuis des années en matière d’accompagnement social, d’autres au contraire, voient en ce projet une approche visionnaire des questions familiales. Et comme nous le rappelait Monseigneur MINNERATH « dès lors où la société traversée par des forces qui conduisent parfois les individus non seulement à ne plus avoir de repères mais à les rejeter, il reste que les âmes se sont toujours tournées et se tourneront encore vers la vérité évangélique qui éclaire ».
A la fin de cette journée, les familles ont été accueillies autour d’un goûter ce qui a leur a permis de faire plus ample connaissance et de poursuivre ces échanges. Puis, nous nous sommes retrouvés auprès de Monseigneur MINNERATH qui a célébré l’eucharistie dans la crypte du Sacré-Cœur.
Victor LARGER remercie du fond du cœur toutes celles et ceux qui ont contribué par leur présence et leur soutien actif à la réalisation et à la réussite de cette journée conviviale et fraternelle. Il remercie, au nom de tous les acteurs du Service Familles,tout spécialement Monseigneur Minnerath pour sa présence et son soutien bienveillant, ainsi que tous les conseils prodigués.
Philippe DESPINE, ce lundi 28 mai de Pentecôte.
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